
Ma peinture est celle d'un temps suspendu, celui de l'émerveillement, avec une certaine forme de virginité émotionnelle et sensitive. Elle invoque le souvenir comme une supplication pour nous sauver de notre perte.
Je peins ce que je suis, je suis ce que je peins. Le paysage est parfois simplement contemplatif — un espace vide de présence humaine, traversé d'une vibration lumineuse. Et puis il y a le paysage incarné, baigné de lumière, habité de personnes aimées, de souvenirs d'enfance et de l'insouciance de l'amitié.
Ainsi je suis une sorte de Robinson aux pinceaux, isolé sur mon île-atelier, scrutant l'horizon où la lumière peut vaciller ou bien se révéler enfin. Le paysage est un prétexte : le décor privilégié d'un dénouement lumineux, d'une transfiguration.